Vous avez dit Liberté?

Il y a tellement de grands mots comme celui-là!

Ils sont tellement utilisés qu’ils en deviennent des gros mots, à force d’être travestis par les discours, les faux semblants, les abus de langage…

Liberté?
Liberté?

Il y a quelques temps déjà, en échangeant avec les camarades du mouvement Zeitgeist, qui sont tous des gens très différents les uns des autres, venant de tous les horizons et de toutes les classes sociales, je me suis aperçu que ma définition de la liberté ne leur convenait absolument pas, en tout cas pour certains d’entre eux!

A l’époque j’avais exposé la vision classique de la liberté sous les lumières:

« La liberté des uns s’arrête où commence celle des autres »

Rien de plus classique, rien de choquant pour moi là dedans!

C’était évidemment sans compter l’esprit libertarien ou plutôt anarchiste qui anime la plupart des Zeitgeistiens! Le refus de l’autorité étatique et de la domination en générale, qu’elle soit culturelle, économique, sociale, historique, étant très prononcé au sein de ce mouvement.

Nous avons alors commencé à chercher une définition qui ne soit plus négative:

                                    La liberté des autres limite le mienne

Mais bien une définition positive, qui permette de maximiser la liberté de chacun, mais aussi la liberté de l’ensemble des collectifs composant la société dans son entier!

Examinons tout d’abord ce qui mène à la définition classique juridique énoncée plus haut.

En réalité cette définition à pour objectif essentiel de garantir le droit de propriété, la possession individuelle des biens, des terres, puis par extension, du travail des humains à travers le développement de notre modèle économique capitaliste. La citation suivante vient en appuis de cette démonstration:

Le premier qui, ayant enclos un terrain, s’avisa de dire : Ceci est à moi, et trouva des gens assez simples pour le croire, fut le vrai fondateur de la société civile. Que de crimes, que de guerres, de meurtres, que de misères et d’horreurs n’eût point épargnés au genre humain celui qui, arrachant les pieux ou comblant le fossé, eût crié à ses semblables : Gardez-vous d’écouter cet imposteur; vous êtes perdus, si vous oubliez que les fruits sont à tous, et que la terre n’est à personne.

                                                                         Jean-Jacques Rousseau

C’est bien là que le bas blesse. C’est bien la propriété exclusive qui est à l’origine de la raréfaction des ressources, à travers l’accaparation des richesses permises par le système financier libéral.

Il faut rendre à César ce qui lui appartient, c’est aussi ce système qui nous a permis d’arriver là où nous sommes depuis 300 ans.

Nous avons atteint grâce à ce système un niveau technique et technologique incomparable. Le niveau de vie de l’ensemble de la planète s’est amélioré dans des proportions énormes.

En contre partie, nous assistons actuellement aux premiers soubresauts inhérents aux limites de ce système. L’accroissement des inégalités est extrêmement prononcé, la répartition des richesses au niveau mondiale et au sein de chaque Etat est très inégalitaire, alors même que les économistes classiques et néo-classiques nous prédisaient et prédisent encore que le système de libre marché est censé uniformiser économiquement le système.  Pour ne rien arranger nous prenons conscience de la finitude des ressources et des impacts négatifs des activités humaines sur l’ensemble de la biosphère.

Cette liberté de la propriété et de l’économie, censée nous apporter à tous la richesse et le bien être est en train de ruiner l’ensemble de notre civilisation et nous peinons à changer de modèle.

Dans ce contexte, il est peut-être temps de repenser le concept même de liberté pour l’extraire de cet impératif de préservation de la propriété.

Nous avons alors trouvé un consensus sur une définition extensive de la notion de liberté:

                        La liberté des autres étend la mienne à l’infini

Car c’est bien de cela qu’il s’agit, ma propre liberté n’est rien si je suis seul à pouvoir en jouïr.

Grand bien me fasse d’avoir des droits, si je suis seul, et que les autres n’ont pas les même.

Revenons à un exemple simple:

Dans un monde où l’égalité n’est pas un vain mot (nous nous occuperons de cet autres gros mot par le suite…), alors chacun recevrait à part égale les richesses produites.

Pour info l’introduction de Wikipedia concernant la liberté reflète bien le débat autour de ce terme tant galvaudé:

De façon générale, la liberté est le concept qui désigne la possibilité d’action ou de mouvement sans contrainte.
En mécanique par exemple, on parle de degrés de liberté pour comptabiliser les mouvements possibles d’une pièce.

Pour le sens commun, la liberté s’oppose à la notion d’enfermement ou de séquestration. Une personne qui vient de sortir de prison est dite libre.
Le sens originel du mot liberté est d’ailleurs assez proche : l’homme libre est celui qui n’appartient pas à autrui, qui n’a pas le statut d’esclave.

En philosophie, en sociologie, en droit et en politique, la liberté est une notion majeure: Elle marque l’aptitude des individus à exercer leur volonté avec -selon l’orientation politique des discours tenus- la mise en avant de nuances dont chacune n’épuise pas le sens intégral :

  • formulation négative : où l’on pointe l’absence de soumission, de servitude, de contrainte, qu’elles soient exercées par d’autres individus (comme pour l’esclavage), ou par la société (c’est-à-dire par la Loi). 
  • formulation positive : où l’on affirme l’autonomie et la spontanéité du sujet rationnel ; les comportements humains volontaires se fondent sur la liberté et sont qualifiés de libres. 
  • formulation relative : différents adages font ressortir l’équilibre à trouver dans une alternative, visant notamment à rendre la liberté compatible avec des principes de philosophie politique tels que l’égalité ou la justice. Ainsi : La « liberté consiste à ne pas nuire à autrui » (art. 4 de la Déclaration des droits de l’homme), ce qui implique la possibilité de « faire tout ce qui n’est point interdit, comme ne pas faire ce qui n’est point obligatoire » (art. 5), la « liberté de dire ou de faire ce qui n’est pas contraire à l’ordre public ou à la morale publique » (droit administratif) ou encore « La liberté des uns s’arrête là où commence celle des autres » (deJohn Stuart Mill). Dans une telle formulation, la liberté est étroitement liée au concept de droit, allant jusqu’à confondre les deux notions, pourtant très différentes.

Cette notion renvoie à une double réflexion :

  1. d’une part sur la liberté en tant que questionnement sur la capacité de choisir et de faire ,
  2. d’autre part comme questionnement sur l’exercice concret de ce pouvoir de choisir et de faire.

Dans la mesure où ces deux perspectives se recoupent de diverses manières, leur chevauchement peut provoquer des erreurs d’interprétation dans les analyses et la confusion dans les débats. Il faut donc prendre soin de distinguer les différents sens de ce mot.

J’ai récemment retrouvé l’origine de cette définition alternative et collective de la liberté, elle nous vient de Bakounine, qui la formulait ainsi:

« La liberté d’autrui, loin d’être une limite ou la négation de ma liberté, en est au contraire la condition nécessaire et la confirmation. Je ne deviens libre vraiment que par la liberté d’autres, de sorte que plus nombreux sont les hommes libres qui m’entourent et plus profonde et plus large est leur liberté, et plus étendue, plus profonde et plus large devient ma liberté. »

                                                                                                        Bakounine

Et vous? Vous êtes plutôt liberté exclusive ou liberté inclusive?

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